Orthophonie et bébé : accompagner les premiers pas vers la communication

20 juillet 2026

En bref

  • 👶 Un bébé communique bien avant de parler : regards, pleurs, sourires, gestes et vocalises sont déjà de véritables outils de communication.
  • 🗣️ L’orthophonie ne concerne pas seulement les premiers mots : elle peut soutenir l’alimentation, les interactions précoces et le développement du langage dès les premiers mois.
  • 💛 L’interaction parent-enfant change tout : votre voix, votre disponibilité et votre façon de répondre aux signaux du tout-petit nourrissent ses apprentissages.
  • ⏰ L’intervention précoce peut être précieuse : en cas de doute sur l’écoute, le babillage, le regard ou les échanges, un avis professionnel permet d’agir sans attendre.
  • 📚 Le développement du langage suit des repères : ils guident sans enfermer, car chaque enfant avance à son rythme.
  • 🌱 Les stimulations langagières les plus efficaces restent simples : parler, nommer, attendre une réponse, chanter, jouer et commenter le quotidien.

Développement du langage chez le bébé : repères utiles, signes de communication et rôle de l’orthophonie

Quand un tout-petit ne prononce encore aucun mot, beaucoup d’adultes pensent qu’il est trop tôt pour parler de langage. C’est faux. Dès la naissance, et même avant, le bébé est déjà plongé dans un bain sensoriel riche. Il entend, ressent, observe, mémorise. Il ne parle pas encore, mais il entre déjà dans la communication. C’est là que l’orthophonie prend tout son sens, non pas seulement comme une réponse à une difficulté installée, mais comme un regard éclairant sur les bases mêmes des échanges précoces.

Le nouveau-né arrive au monde avec une histoire sensorielle. Pendant la grossesse, il a perçu des voix, des rythmes, des vibrations, des variations émotionnelles. Une fois né, tout devient plus net, plus vaste, plus intense. Il découvre le visage penché au-dessus du berceau, la voix qui apaise, le toucher qui rassure, le bercement qui organise ses sensations. Rien de tout cela n’est anecdotique. Ces expériences répétées construisent les fondations de l’accompagnement relationnel et du futur langage oral.

Vous vous demandez peut-être ce qu’un bébé “dit” réellement quand il ne parle pas encore. En réalité, il en dit beaucoup. Il crie pour signaler l’inconfort, se détend dans les bras d’un adulte familier, accroche un regard pendant le biberon, tourne la tête vers une voix connue, s’interrompt pour écouter un bruit. Ce sont des précurseurs. Ils ne relèvent pas encore de l’expression orale, mais ils montrent une envie d’entrer en lien. Et cette envie compte énormément.

Âge indicatif Repères de communication 👶 Ce que l’adulte peut soutenir 💬
0 à 3 mois Réactions aux voix, pleurs différenciés, premiers sourires, regards brefs Parler doucement, répondre rapidement, chercher le regard, porter et bercer
3 à 6 mois Vocalisations, intérêt pour les visages, suivi visuel, écoute des sons Imiter les sons, chanter, commenter les actions, laisser des temps d’échange
6 à 12 mois Babillage, gestes, pointage, orientation vers la source sonore Nommer les objets, jouer en face à face, valoriser chaque tentative
Vers 12 mois Premiers mots, compréhension de mots fréquents, demandes simples Répéter, reformuler, enrichir sans corriger brusquement

Ce tableau donne des repères utiles, pas des obligations rigides. Un enfant peut babiller tôt, un autre prendre plus de temps. L’essentiel est ailleurs : observe-t-on une progression dans les échanges, une curiosité pour la voix humaine, une réciprocité dans la relation ? Voilà les vraies questions. Le développement du langage ne se limite jamais à compter des mots.

Les parents jouent ici un rôle central. Ils adaptent souvent leur voix de façon spontanée, avec une intonation plus chantante, un rythme ralenti, des répétitions rassurantes. Cette manière de parler au nourrisson n’a rien de superficiel. Elle soutient l’attention, facilite le découpage des sons et renforce le lien affectif. Le bébé ne comprend pas encore toutes les paroles, mais il capte l’intention, le rythme, la sécurité.

💡 Exemple : un enfant de 5 mois s’agite sur son tapis, pousse quelques sons et regarde sa mère. Lorsqu’elle répond avec le même rythme, sourit et verbalise “oui, tu me parles, je t’entends”, l’échange se transforme. Le bébé recommence. Ce petit aller-retour paraît banal, pourtant il prépare déjà le tour de parole, l’attention conjointe et le plaisir d’interagir.

Le premier pas est donc simple en apparence, mais décisif : reconnaître que la communication commence bien avant les mots. À partir de là, il devient plus facile de comprendre comment soutenir ces apprentissages au quotidien.

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Stimulations langagières au quotidien : les étapes concrètes pour accompagner un bébé dès la naissance

Bonne nouvelle, vous n’avez pas besoin d’un matériel sophistiqué pour favoriser les stimulations langagières. Le quotidien suffit largement, à condition d’y mettre de la présence, de l’attention et un peu d’intention. Le bain, le change, la promenade, le repas, le jeu sur le tapis, tout peut devenir un moment propice. Le langage se tisse dans l’ordinaire. C’est même là qu’il pousse le mieux.

La première étape consiste à se rendre disponible. Pas pendant des heures. Quelques minutes d’échange pleinement engagées valent souvent mieux qu’une longue présence distraite. Un bébé a besoin d’un adulte qui le regarde, qui attend sa réaction, qui interprète ce qu’il exprime et qui y répond. Cette disponibilité nourrit la communication bien avant les premiers mots.

La deuxième étape repose sur la verbalisation. Vous pouvez nommer ce que vous faites, ce que l’enfant regarde, ce qu’il semble ressentir. “Tu entends le chien”, “je mets ta manche”, “tu as faim”, “la lumière est forte”. Le but n’est pas de parler sans arrêt. Le but est de relier les mots à une expérience vécue. C’est ainsi que la compréhension se construit, souvent plus vite que l’expression.

La troisième étape, souvent sous-estimée, consiste à attendre. Oui, attendre. Après une phrase, après un sourire, après un son. Le silence a une fonction essentielle. Il laisse au nourrisson le temps de réagir avec son corps, sa voix, son regard. Beaucoup d’échanges se perdent parce que l’adulte remplit tout l’espace. Or un dialogue, même préverbal, demande des tours de rôle.

  • 🎵 Chantez des comptines courtes avec gestes répétés
  • 👀 Cherchez le regard pendant les soins et les repas
  • 🧸 Jouez en face à face avec peu d’objets pour éviter la surcharge
  • 🗨️ Imitez ses sons pour lancer un vrai échange
  • 📖 Montrez des livres imagés dès les premiers mois, sans viser la performance
  • 👉 Suivez son intérêt plutôt que d’imposer un jeu trop complexe

Ce qui aide le plus n’est pas la quantité de mots, mais leur qualité relationnelle. Une parole adressée, ajustée, chaleureuse, liée à ce que vit l’enfant, a davantage d’impact qu’un flot de phrases déconnectées. Voilà pourquoi l’interaction parent-enfant est souvent au cœur des recommandations en orthophonie. Ce n’est pas un slogan. C’est un levier concret.

💡 Exemple : pendant le biberon, un parent peut être tenté de nourrir vite pour passer à la suite. Pourtant, si ce moment devient un temps d’échange, avec un regard soutenu, quelques mots simples, une pause quand l’enfant vocalise, alors l’alimentation devient aussi une scène de langage. Le bébé associe voix, plaisir, régulation et lien. Tout cela prépare la suite.

Il existe aussi des situations où l’accompagnement doit être plus ciblé. Un enfant qui vocalise peu, qui semble ne pas réagir aux sons, qui évite le regard ou qui se montre très difficile à apaiser peut bénéficier d’une observation attentive. Sans dramatiser. Juste pour comprendre. C’est le principe de l’intervention précoce : soutenir tôt, quand le cerveau est très disponible aux apprentissages et que la relation peut encore être ajustée avec souplesse.

Dans certaines familles, le contexte de santé de l’enfant demande des adaptations particulières. Lorsqu’un bébé présente une condition génétique ou développementale, les besoins de soutien peuvent être différents, sans empêcher de magnifiques progrès. Sur ce point, lire des ressources comme cet éclairage sur la trisomie 21 et la représentation peut aussi ouvrir la réflexion sur l’accompagnement des enfants dans toute leur singularité.

Vous l’aurez compris, stimuler ne veut pas dire surstimuler. Inonder un tout-petit de jouets sonores, d’écrans ou de paroles rapides ne favorise pas forcément ses acquisitions. Ce qui change la donne, c’est la rencontre. Une voix qui répond. Un visage qui attend. Un geste qui fait sens. C’est souvent là que naissent les plus beaux débuts.

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Pour visualiser ces échanges, des démonstrations filmées autour du nourrisson et de la parole adressée aux tout-petits peuvent être très parlantes. Elles montrent à quel point le regard, la posture et l’intonation soutiennent le langage naissant.

Pourquoi l’orthophonie avec le bébé apporte un vrai avantage dans les premiers échanges

L’orthophonie évoque souvent, dans l’imaginaire collectif, un enfant plus grand qui apprend à mieux articuler ou à corriger certains sons. C’est une vision partielle. Chez le tout-petit, l’orthophoniste peut intervenir bien avant la phrase, parfois avant les mots, et même autour de fonctions qui semblent éloignées du langage, comme la succion, la mastication naissante ou la coordination oro-faciale. Ce regard global est précieux, car la bouche sert à manger, respirer, explorer et parler. Tout est lié.

Le premier avantage d’un accompagnement précoce est la lecture fine des signaux du bébé. Beaucoup de parents sentent qu’il se passe quelque chose sans parvenir à mettre des mots dessus. L’enfant pleure beaucoup, semble avoir du mal à s’engager dans l’échange, réagit peu à la voix, ou au contraire s’agite dès qu’on lui parle. L’orthophoniste aide à décoder. Il ou elle observe la qualité du regard, les réactions aux sons, le tonus, les vocalisations, l’ajustement corporel et la dynamique relationnelle. Cette observation apaise souvent autant qu’elle oriente.

Le deuxième avantage tient à la prévention. Quand une difficulté est repérée tôt, il devient possible d’agir avant que les écarts ne se creusent. C’est particulièrement vrai dans les situations de prématurité, de troubles neurologiques, de pathologies génétiques, de retard global du développement ou de suspicion de difficulté auditive. L’intervention précoce n’est pas une course au dépistage anxieux. C’est un soutien intelligent, proportionné, respectueux du rythme du nourrisson.

Le troisième avantage concerne les parents eux-mêmes. Ils ne reçoivent pas seulement un avis technique. Ils apprennent des gestes, des attitudes, des manières de favoriser l’échange. Ils comprennent mieux ce que leur enfant essaie d’exprimer. Cet accompagnement transforme souvent le quotidien, car il redonne de la lisibilité à des moments qui semblaient confus ou épuisants.

Quand consulter pour un bébé sans attendre les premiers mots

Certaines situations méritent un avis plus rapide. Un bébé qui ne réagit pas de façon régulière aux sons familiers, qui babille très peu après plusieurs mois, qui montre peu d’intérêt pour les visages ou qui ne semble pas entrer dans un jeu d’échange peut justifier une consultation. Le même raisonnement vaut si l’alimentation est très difficile, si la coordination bouche-respiration paraît fragile ou si le parent sent que la relation ne décolle pas. Le ressenti parental compte. Il ne faut pas le balayer.

À l’inverse, tous les retards apparents ne sont pas forcément inquiétants. Certains enfants prennent leur temps pour parler tout en communiquant bien par le regard, le geste, le sourire, le pointage et la compréhension. Voilà pourquoi il est essentiel de distinguer développement du langage, parole et communication. Un enfant peut peu parler et bien communiquer. Il peut aussi prononcer des sons sans construire une véritable intention d’échange. L’analyse doit rester globale.

💡 Exemple : un petit garçon de 11 mois ne dit aucun mot. Sa famille s’inquiète. Pourtant, il regarde quand on l’appelle, pointe du doigt, rit pendant les jeux d’imitation, tend les bras pour être pris et comprend “on va au bain”. Ici, les bases sont présentes. À l’inverse, un autre enfant du même âge peut produire plusieurs sons mais ne pas chercher l’autre, ne pas suivre le regard, ni réagir au prénom. L’enjeu n’est donc pas seulement le nombre de mots.

Pour aller plus loin, certaines familles complètent leur information avec des contenus spécialisés sur les réalités vécues autour de la trisomie 21, notamment quand des besoins particuliers influencent la communication et l’image de l’enfant dans son environnement.

Le grand bénéfice de l’orthophonie précoce, au fond, est simple : elle aide à construire des ponts avant que l’incompréhension s’installe. Et lorsqu’un bébé trouve plus facilement sa place dans l’échange, toute la relation respire mieux.

Les approches proposées par les professionnels varient selon les besoins, mais elles ont souvent un point commun : soutenir les parents dans des situations très concrètes, à partir des compétences déjà présentes chez l’enfant.

Cas d’usage concrets : du babillage aux premiers mots, comment l’accompagnement s’adapte à chaque enfant

Parler des repères généraux est utile. Voir comment cela se joue dans la vraie vie l’est encore plus. Tous les bébés ne suivent pas le même chemin, et c’est normal. Certains sont très sonores, très expressifs, presque démonstratifs. D’autres observent longtemps avant de se lancer. Certains pointent du doigt tôt, d’autres passent d’abord par le corps et le regard. L’essentiel est de comprendre comment ajuster l’accompagnement à chaque profil sans imposer un modèle unique.

Prenons le cas d’un nourrisson de 2 mois très sensible aux voix. Il s’apaise quand son parent lui parle, esquisse des sourires en réponse, fixe intensément le visage à courte distance. Ici, le travail consiste surtout à nourrir cette base relationnelle. On privilégie les face-à-face calmes, les chansons lentes, les routines verbalisées. Le but n’est pas de faire “plus”, mais de faire juste. Le bébé apprend que ses manifestations produisent une réponse. Il découvre déjà le principe fondamental du dialogue.

Autre situation, un enfant de 8 mois babille, mais uniquement lorsqu’il est seul. En interaction, il semble moins engagé. Une piste consiste à alléger l’environnement. Trop de jouets, trop de bruit, trop de sollicitations peuvent étouffer son initiative. En simplifiant la scène, un adulte peut relancer l’échange avec imitation vocale, pauses, expressions du visage marquées et gestes synchronisés. Là encore, l’enjeu n’est pas la performance, mais l’accordage.

Vers 12 mois, l’arrivée des premiers mots change souvent l’ambiance familiale. Chaque nouveau son est célébré. C’est touchant, et parfois un peu piégeux. Pourquoi ? Parce qu’on peut être tenté de corriger ou d’exiger trop vite une prononciation parfaite. Or un mot approximatif mais porteur de sens constitue déjà une avancée importante. Quand l’enfant dit “ouaf” pour parler du chien ou “ta” pour demander encore, il communique réellement. Le mieux est de valider puis d’enrichir : “Oui, le chien. Tu vois le chien noir.”

Entre 1 an, 2 ans et 3 ans : ce qui évolue vraiment

Autour de 1 an, beaucoup d’enfants utilisent des mots isolés liés à leur quotidien. Ils demandent, montrent, commentent. À 2 ans, le stock lexical peut augmenter rapidement, parfois autour de 100 à 200 mots, avec les grandes variations individuelles habituelles. Les petites associations apparaissent : “maman encore”, “papa parti”, “bébé dodo”. À 3 ans, la phrase se structure davantage, les questions se multiplient et la syntaxe gagne en précision. Ce mouvement est progressif. Il ne se fait pas en une semaine.

💡 Exemple : Léa, 22 mois, dit peu de mots mais comprend énormément. Elle apporte ses chaussures quand on parle de sortie, montre son doudou quand on le nomme et rit aux consignes de jeu. Son entourage choisit alors de renforcer les routines verbales, les livres du quotidien et les chansons à gestes. Quelques semaines plus tard, plusieurs associations de mots émergent naturellement. Ce n’est pas magique. C’est un terrain devenu plus favorable.

Dans les années qui suivent, d’autres questions apparaissent, notamment autour de l’articulation ou de la fluidité. Certains sons restent difficiles jusqu’à plusieurs années, et cela peut encore être dans la norme. De même, un bégaiement transitoire vers 3 ou 4 ans peut survenir quand l’enfant a beaucoup à dire mais pas encore tous les moyens moteurs et cognitifs pour dérouler sa pensée avec fluidité. Là aussi, l’orthophoniste peut guider les adultes sans forcément commencer par un travail direct sur l’enfant.

Cette progression rappelle une idée essentielle : l’expression orale visible n’est que la partie émergée de l’iceberg. En dessous, il y a l’écoute, le désir de partager, la compréhension, la mémoire des mots, la motricité buccale, l’attention conjointe, la confiance relationnelle. Plus ces bases sont solides, plus les phrases ont des chances de s’installer sereinement.

Orthophonie, simple surveillance ou attente : quelles différences pour faire les bons choix sans culpabiliser

Face aux doutes sur le langage d’un jeune enfant, beaucoup de familles hésitent entre trois attitudes. Première option, attendre en se disant que “ça viendra”. Deuxième option, surveiller avec le pédiatre ou la crèche. Troisième option, consulter en orthophonie. Le bon choix dépend du contexte, bien sûr, mais comparer ces approches permet d’éviter deux pièges fréquents : banaliser à tort ou s’alarmer trop vite.

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Attendre peut parfois être raisonnable si les indicateurs de base sont présents. Un bébé qui cherche activement l’échange, comprend des mots familiers, réagit au prénom, babille, pointe et progresse dans ses interactions donne déjà des signaux rassurants. Dans ce cas, une vigilance douce suffit souvent, avec des stimulations langagières régulières au quotidien.

La simple surveillance devient utile quand un léger décalage apparaît sans signe de rupture nette. Par exemple, un enfant comprend bien mais parle peu, ou il est très discret verbalement dans un lieu collectif mais plus expressif à la maison. Le professionnel de santé peut alors proposer de revoir la situation quelques mois plus tard, tout en orientant les parents sur les attitudes facilitatrices.

La consultation orthophonique, elle, apporte autre chose. Elle ne se contente pas d’observer l’évolution. Elle analyse les mécanismes en jeu et propose des pistes précises. C’est particulièrement pertinent lorsqu’il existe des antécédents médicaux, une prématurité, une grande inquiétude parentale, des difficultés alimentaires, une rareté des échanges, ou un doute sur la compréhension. Dans ces cas-là, consulter n’est pas exagéré. C’est même souvent rassurant.

Ce que l’orthophoniste regarde, et ce que cela change vraiment

Un bilan ou un temps d’observation ne consiste pas seulement à compter des mots. Le professionnel s’intéresse à la qualité de l’interaction parent-enfant, aux réactions aux voix, aux sons produits, à l’imitation, à l’attention visuelle, au geste de montrer, à la compréhension, à la posture, au tonus oral, parfois à l’alimentation. Cette vision d’ensemble permet de cibler le bon levier. C’est beaucoup plus fin qu’une simple comparaison avec un tableau d’âge.

Certains parents redoutent qu’une consultation colle une étiquette trop tôt. En pratique, une évaluation précoce sert souvent à l’inverse. Elle évite les raccourcis. Elle distingue un retard transitoire d’un trouble plus installé. Elle clarifie ce qui relève du développement du langage, de la parole, de la relation ou d’un facteur sensoriel. Elle redonne une direction.

💡 Exemple : un enfant de 18 mois ne parle presque pas. L’entourage dit d’attendre car “son cousin a parlé tard aussi”. Pourtant, lors de l’observation, on remarque peu de pointage, peu d’imitation et une attention limitée aux visages. L’accompagnement proposé ne vise pas d’abord les mots, mais la qualité des échanges, les jeux de tour de rôle et les routines de communication. Quelques mois plus tard, les bases relationnelles se renforcent, et les mots suivent. Sans cette lecture globale, la famille serait restée focalisée sur le simple manque de vocabulaire.

Le choix le plus serein consiste souvent à écouter à la fois les repères professionnels et votre intuition de parent. Quand quelque chose interroge durablement, demander un avis n’enlève rien à vos compétences. Cela les soutient. Et dans le domaine des premiers échanges, ce soutien peut faire une vraie différence.

Récapitulatif pratique pour soutenir la communication du bébé au quotidien et repérer les bons moments pour agir

À ce stade, une idée se dessine clairement : le langage ne commence pas avec la première phrase. Il prend racine dans les sensations, les échanges, les réponses affectives, les gestes répétés et le plaisir d’être en lien. Ce récapitulatif a donc une fonction simple, vous aider à transformer ces repères en actions quotidiennes sans complexité inutile.

Pour un tout-petit, les meilleures occasions d’apprendre sont souvent les plus ordinaires. Quand vous changez la couche, vous pouvez nommer les parties du corps. Quand vous ouvrez les volets, vous pouvez commenter la lumière, le ciel, les bruits de la rue. Quand l’enfant s’agite, vous pouvez mettre des mots sur son état. Quand il produit un son, vous pouvez l’imiter puis attendre. C’est vivant. C’est concret. Et c’est très efficace.

Les familles qui soutiennent le mieux la communication de leur enfant ne sont pas celles qui parlent le plus fort ou qui proposent le plus d’activités. Ce sont souvent celles qui regardent vraiment, qui laissent de la place à la réponse, qui suivent l’intérêt du bébé, qui répètent sans lasser et qui prennent au sérieux les petits signes. Un sourire en réponse, un geste de main, un regard vers l’objet nommé, une vocalise pendant le bain, tout cela mérite d’être accueilli comme une tentative d’échange.

Voici les points à garder en tête dans la durée :

  1. Observer les signaux du nourrisson avant de vouloir les diriger.
  2. Répondre à ses initiatives, même très discrètes.
  3. Parler simplement, avec une voix expressive et un rythme accessible.
  4. Répéter les mots du quotidien dans des contextes concrets.
  5. Jouer en face à face pour favoriser l’attention conjointe.
  6. Consulter tôt si le doute persiste, sans attendre que l’écart grandisse.

Ce rappel vaut aussi après la période bébé. Vers 2 ans, l’enfant commence souvent à combiner des mots. Vers 3 ans, la phrase se développe et les questions se multiplient. Plus tard, l’école maternelle enrichit encore les échanges. Certains sons resteront imprécis pendant un temps. Certains moments de bégayage passager pourront apparaître. Là encore, le repère le plus utile reste l’évolution globale. L’enfant progresse-t-il dans sa manière de comprendre, de partager, de raconter, de se faire comprendre ? Si oui, le chemin suit sa logique.

La force de l’accompagnement précoce tient dans sa simplicité : soutenir le lien, valoriser l’initiative, ajuster l’environnement, et mobiliser l’orthophonie quand une expertise devient utile. Rien d’extraordinaire en apparence. Pourtant, c’est souvent ainsi que se construisent les trajectoires les plus solides, une interaction après l’autre.

À quel âge un bébé commence-t-il à communiquer ?

Un bébé communique dès la naissance, et même avant par ses perceptions sensorielles in utero. Après la naissance, les pleurs, le regard, les sourires, les gestes, le tonus corporel et les vocalisations sont déjà des moyens d’échange.

Quand consulter en orthophonie pour un bébé ?

Une consultation peut être utile si le bébé réagit peu aux sons, babille très peu, évite le regard, semble peu engagé dans les échanges, présente des difficultés alimentaires importantes ou si le doute parental persiste malgré le temps.

Comment stimuler le langage d’un bébé sans le sursolliciter ?

Le plus efficace consiste à parler simplement, nommer ce qu’il vit, chanter, jouer en face à face, imiter ses sons et laisser des temps de réponse. La qualité de l’interaction parent-enfant compte davantage que la quantité de stimulations.

Un enfant peut-il bien communiquer sans parler ?

Oui. Avant les mots, et parfois même avec peu de mots, un enfant peut communiquer par le regard, le geste, le pointage, le sourire, les postures et la compréhension. Il faut bien distinguer communication, langage oral et parole.

Les premiers mots apparaissent-ils toujours vers 12 mois ?

Autour de 12 mois, beaucoup d’enfants commencent à produire des mots significatifs, mais il existe des variations normales. Ce qui compte surtout est la progression globale des échanges, de la compréhension et de l’intention de communiquer.

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A propos de l'auteur
Sandrine Lefebre

Sandrine Lefebre

Maman curieuse et passionnée de DIY, Sandrine partage sur Bib et Bob des idées, des astuces et des instants de vie qui rendent la parentalité plus douce, plus créative et surtout plus joyeuse

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